10 avril 2006
Les paradoxes au sein de l'action éducative
Notre action nous amène à aborder la personne
déficiente intellectuelle sous deux angles qui sont antinomiques à mon sens.
En effet, nous nous efforçons d’accompagner la personne dans un souci de
bien-être et d’autonomie, mais parallèlement à cela nous devons maintenir la
personne dans une dynamique de socialisation dans laquelle celle-ci doit
correspondre à l’habitus actuel.
C’est une mission aussi paradoxale de l’éducateur et
que Foucart explique par le concept de double contrainte :
« le « handicapé » n’est intégré que
lorsque son handicap est gommé. Et pourtant, la marque, le suit, comme elle lui
a été imposée. Il pèse donc sur lui une double contrainte : il est
désigné, montré du doigt, et il doit se comporter comme si de rien
n’était ».
« La pratique de l’éducateur est profondément
paradoxale. En effet, il est mandaté à la fois pour établir une relation et
pour distribuer les sanctions, ce qui le situe à la fois dans une position
inconfortable, entre le dialogue et la violence physique ou symbolique. Il est
constamment amené à se rapprocher et en même temps à s’éloigner de ceux qu’il
prétend aider. »
Cet autre
paradoxe, qui à l’heure actuelle me pose encore question, est que nous devons
développer l’autonomie de personne pour lesquelles nous administrons des
sanctions synonymes d’un manque de liberté, donc d’autonomie.
Être adulte c’est assumer ses actes et ses choix, ce
qui signifie que la sanction infantilise les personnes.
Notre rôle est-il d’être agents ou
accompagnateurs ?
Le rôle d’agent me semble être en désaccord avec le
concept de non-directivité, il est même en opposition complète avec l’image de
l’adulte.
Autre paradoxe du métier d’éducateur c’est la
finalité de notre action éducative.
Si cette démarche réflexive n’est pas aisée, c’est
aussi car nous évoluons parfois dans un flou et dans un contexte peut
sécurisant pour le professionnel, puisque imprévisible.
Foucart, Educateur une profession en quête d’identité, Editions
CIACO, 1991, p 122
03 avril 2006
La surimplication émotive
La surimplication émotive est inhérente au métier d’éducateur.En effet, la relation d’aide que nous avons avec les
bénéficiaires nous impose parfois une grande implication au niveau affective.
Le cadre affectif nous oblige souvent à marcher sur un fil
avec nos émotions.
Chaque interaction avec les usagers apporte son lot
d’incertitudes qui peuvent à tout moment nous investir émotionnellement en
pénétrant le vécu personnel et effriter le mûr qu’érige le professionnel afin
de préserver son intimité.
Les causes de
la surimplication émotive.
La difficulté d’accepter ses limites
personnelles :
Il n’est pas toujours de bon ton d’afficher ses limites si le
climat institutionnel ne permet pas de pouvoir s’exprimer librement. Il arrive
parfois que nous nous sentions jugé dans nos faiblesses plutôt qu’encourager.
Se réconcilier avec ses limites personnelles sous-entend que nous sommes
humains et non divins.
Une caractéristique commune à l’homme est qu’il est
perfectible et donc il ne peut se targuer de ne pas commettre d’erreur et de
posséder la science infuse surtout en terme d’émotion.
Notre capacité empathique nous porte à endiguer les
souffrances de l’aidé et a déformé la réalité pour l’autre.
La souffrance est omniprésente dans nos institutions, notre
rôle n’est pas de combattre sa souffrance mais de l’aider et lui donner le plus
d’arme pour qu’il puisse lui-même l’annihiler.
Ce n’est pas en affrontant la souffrance de l’autre que l’on
détruit la sienne.
La difficulté d’accepter sa solitude :
Nous sommes les seuls responsables de notre vie, ce qui
signifie que l’aidé aussi est responsable de la sienne. Nous ne pouvons pas
indéfiniment le prendre en charge et choisir à sa place, il faut qu’à tous
moments nous puissions prendre du recul et le laisser assumer ses actes et ses
choix, même si ils sont en oppositions avec notre approche.
Notre travail d’accompagnement consiste à être présent pour
l’autre, mais pas à agir pour lui, nous sommes garant de son bien-être, mais
notre rôle s’arrête à la volonté de l’autre.
Il y a résonance entre notre vécu et celui de la personne que
nous aidons. Nous sommes toujours amené à faire des analogies entre ce que vit
l’autre et notre passé émotionnel.
C’est pourquoi chacun réagit en fonction de son passé.
Ce passé synonyme d’expérience peut nous freiner dans notre
travail et interférer avec notre approche vis-à-vis de la personne aidée.
Des sentiments de culpabilité ou l’expression de nos manques
peuvent alors resurgir à la surface.
La difficulté de dire non.
Il est déjà difficile de maîtriser la dépendance que notre
seule présence induit.
Au vue des origines de la surimplication émotive, il est
préférable pour l’éducateur de rester dans un cadre dans lequel il se sentira
le plus à même de canaliser ses émotions.
L’éducateur ne doit pas pour autant être un robot, mais il
peut poser des balises évitant ainsi de s’impliquer dans la relation à l’autre
plus que de raison.
Les conséquences de la surimplication émotionnelle se retrouve
aussi négative dans l’environnement dans lequel la personne évolue.
Elles peuvent engendrer des situations de compétitions avec
les divers partenaires (collègues, famille…).
Il est impossible pour l’éducateur de choisir celui avec
lequel il va entrer dans une relation d’aide car choisir c’est en partie
renoncer.
Le rôle de l’éducateur est justement de ne pas renoncer et de
tout mettre en œuvre pour être le plus ouvert possible et ce, à tout niveau.
[1] Jean-Luc Hétu, « la relation d’aide », P 4
29 mars 2006
Au sujet de l'immigration
Etant
moi-même le fruit d’un métissage des
cultures, j’ai pensé qu’il serait intéressant de partager une réflexion plus
intérieure.
En effet, si je
regarde mes origines, je suis né d’un père kabyle et d’une mère franco-belge
qui est elle-même né d’un père allemand et d’une mère belge.
Je ne pense
pourtant pas faire office d’exception car le brassage des cultures et bel et
bien présent dans nos sociétés.
Cette réalité
n’engendre malheureusement pas que des aspects positifs.
Il est vrai qu’on
pourrait croire que la différence est synonyme de richesse mais parfois elle
est synonyme de peur, de rejet.
Qu’en est-il de
notre société actuelle ? Quelle est la place des immigrés dans notre
société ? Le lien social existentiel malgré notre différence de
culture ?
Toutes ces
questions pourraient se résumer en un seul sujet : Immigration=
intégration ou assimilation ?
L’intégration
suppose que l’intégré accepte les règles de son nouveau groupe en même temps
que le groupe le reconnaît comme un pair.
Mais dans cette
dernière où est la place pour la culture de l’autre ?
Cette définition
sous-entendant que si l’individu se fond aux groupes il devient un membre de ce
groupe.
Mais avant d’aller
plus en avant sur le phénomène d’intégration, je pense qu’il faut d’abord
expliquer ce qu’est l’acculturation.
De façon
simpliste, on peut dire qu’il s’agit d’un phénomène identitaire de différence
et de ressemblance. On sous-entend aussi par ce terme les notions d’identité
culturelle, de création de soi, d’importance des racines ainsi que
d’identification à une autre culture.
Il semblerait que
la conjoncture influe beaucoup sur ce phénomène d’intégration.
En effet, certains
événements sont venus raviver les esprits concernant l’intégration dans le
paysage européen.
Il est vrai que le
11 septembre a mis le feu aux poudres. Ajouter à cela le conflit
israélo-palestinien ainsi qu’une dose d’attentats et des banlieues où règne
l’insécurité est voilà de quoi remettre en question l’intégration des
populations étrangères.
Cette vision est
assez simplistes mais est tout de même servie sur un plateau pour les journaux.
En effet, la
conscientisation de l’importance se fait au prorata des images diffusées.
Pourquoi voit-on pendant des semaines les tours du World Trade Center alors
qu’on a peu vu d’images voire aucune sur les enfants du Tiers-Monde qui meurent
chaque jour du fait de sous-nutrition ou par manque de médication, ou des
familles d’Afrique du Sud décimer par le SIDA.
Mais revenons sur
le sol belge, où le débat confus et passionnel qui a enflammé il y a de çà
quelques temps la scène politique sur le thème de l’intégration. En effet
depuis le premier rapport du Commissariat royal à la politique des immigrés en
1989, on n’a jamais cessé de discuter des modèles qui devaient servir à
« l’intégration » des étrangers.
On parle plus d’insertion car selon eux : « le terme d’intégration est trop souvent compris comme un processus d’adaptation d’une minorité é aux valeurs et aux modes de vie d’un groupe autochtone majoritaire, autrement dit je deviens invisible ». Aussi le Commissariat plaide-t-il pour la promotion de l’insertion, dans la perspective des principes qui sont au fondement de la culture du pays d’accueil, la Belgique en l'occurence
On comprend donc
mieux pourquoi cette question de savoir s’il s’agit ici d’intégration ou d’assimilation
est si difficile à répondre car la définition est déjà en elle-même assez
confuse.
On peut donc dire
qu’en adaptant le terme d’intégration en insertion, on respect plus l’autre
dans sa différence et dans sa culture.
On lisant la
définition, chacun est en droit de voir cela comme étant quelque chose d’assez important
voire violent, dans le sens on la disparition est brutale.
Mais la
stigmatisation peut s’avérer être longue et douloureuse.
En effet regardons
autours de nous, dans certaines villes on vous dira que les étrangers sont bien
intégrés, discrets, respectueux de la culture belge.
Alors que dans
certains quartiers, les gens se sentent en état d’insécurité avec les jeunes
étrangers.
On est en droit de
croire que les premiers sont intégrés pas les autres.
Hors il appert
souvent qu’ils sont tous deux dans la même situation : ils sont assimilés.
Les premiers sont
dits intégrer car ils sont comme les indigènes, ne se font pas remarquer par la
communauté car ils ont adoptés les mêmes normes, valeurs afin de ne pas trop
souffrir de l’exclusion.
Les seconds eux sont
aussi assimilés mais sans repères ni dans la société ni au sein de leur famille
ils ont des comportements dits déviants.
Pourtant on
parlera d’intégration pour les premiers.
La perte des
valeurs, des traditions devient de plus en plus une voie de passage obligatoire
pour se rendre sur le chemin de l’intégration.
Il faut être comme
tout le monde car la différence est source d’insécurité alors qu’elle pourrait
tout aussi bien être source de richesse.
Cette différence
ne sera reconnue dans sa fonction de lien social seulement lorsqu’on arrêtera
de faire de l’ethnocentrisme, c’est-à-dire en ne jugeant plus une autre culture
en fonction de ses propres normes et valeurs voire à estimer cette culture
inférieure ou méprisable.
Alors que nous avons tous une identité propre, la rencontre des cultures
engendre encore des situations contrastées qui vont de l’assimilation, à la
contre acculturation (rejet de l’autre et réaffirmation de sa culture
d’origine. L’adaptation, la réinterprétation, le syncrétisme (mélange ou
métissage des traits culturels), mais aussi la déculturation (perte de repères
culturels) sont les mécanismes les plus souvent observés. Mais est-ce la bonne
réponse à l’équation entre les cultures ?
Je
pense qu’il faut que notre différence s’affirme par rapport aux autres. Car
c’est grâce aussi aux contacts qui s’opèrent entre les communautés et les
peuples qu’un enrichissement culturel naît et évolue. Nous sommes tous égaux et
chacun a une identité particulière. C’est cette diversification qui fait le
charme des cultures. Enfin, si certains groupes sont considérés comme
minoritaire, de part leur mentalité, leur physionomie... je dirais tout
simplement qu’apprendre et apprécier ces différences est un enrichissement
intellectuel et humain. De plus travaillant avec des personnes déficientes
intellectuelles, je retrouve ce même enrichissement né lui aussi de la
différence. Chacun en soi à quelque chose à apporter à l’autre, il suffit juste
de prendre le temps de le trouver.
Merci pour vos réactions...
27 mars 2006
Réflexions autour de l'intégration des personnes déficientes intellectuelles.
J’ai l’impression que depuis longtemps, notre
société a été organisée par les personnes valides, pour les personnes valides.
Les personnes handicapées étaient laissées pour compte. Le regard que nous
portons sur ces personnes a commencé à évoluer le jour où nous avons réalisé
que leur handicap s’expliquait autant et peut être même surtout par un
environnement inadapté.
Ce n’est pas pour autant que la société peut se targuer de
placer les personnes déficientes intellectuelles aux mêmes rangs que toutes les
personnes dites normales.
Ces dons me paraissent davantage stigmatisant que normalisant car ils renforcent l’idées
qu’elles n’ont des possibilités que dans certains domaines.
Des mouvements comme CAP 48 qui aident énormément les centres
pour personnes handicapées véhiculent des idées de victimisation à leur insu.
Comment ne pas les voir comme des victimes lorsqu’on demande
des dons pour les aider ? Sont-ils des nécessiteux ?
J’en doute, car pour cela faudrait-il qu’elles puissent avoir
les informations justes et non celles véhiculées par les journaux et autres
médias.
Les personnes qui ne fréquentent ou ne connaissent pas le
secteur de la déficience mentale ont-elles un regard objectif sur les
bénéficiaires ?
Beaucoup assimilent nos centres de jour à des écoles pour
adultes. Les projets pédagogiques que nous y développons sont méconnus du grand
public.
L’institutionnalisation des personnes les contraint à
entretenir des relations avec des personnes marginalisées.
Vivre avec les personnes déficientes intellectuelles doit être
quelque chose de naturel, il faut pouvoir les intégrer, les critiquer et les
détester comme tout un chacun.
Ce sont des personnes comme vous et moi, ce n’est donc pas
leur soit disant handicap qui fait d’elles ce qu’elles sont.
Par contre ce que nous sommes, fait ce qu’elles sont.
Il faut donc pouvoir valoriser leurs rôles sociaux au sein de
la société pour peu que celle-ci leur en donne.
22 mars 2006
La personne déficiente intellectuelle à t’elle droit à avoir des relations sexuelles ?
La
personne déficiente intellectuelle est trop souvent comparée à l’enfant.
Il est
vrai que sa déficience peut parfois laisser paraître une similitude entre son
développement intellectuel et celui d’un enfant.
Mais on
oublie trop souvent, à tord, de prendre en considération l’aspect de sa
sexualité qui est différente de celle d’un enfant.
Cet
aspect est donc soit omis de manière volontaire soit interdit de manière
formelle au sein des institutions même si certaines d’entre-elles sont plus
ouvertes, elles ne sont malheureusement pas nombreuses.
En
effet, les articles 2 et 3 de la Déclaration des droits des personnes handicapées
proclamé par l’Assemblée Générale des Nations Unies disent ceci :
« Les droits des handicapés valent
pour tous, sans distinction, ni discrimination, la personne handicapée à les
mêmes droits fondamentaux que ses citoyens du même âge ».
Il n’ y
a donc pas de différence au point de vue légal entre le statut d’adulte et le
statut d’adulte déficient intellectuel.
Lors de
celle-ci, Mr Van Brackel (Président d’Horizon 2000) a longuement discouru sur le
thème de la vie sexuelle et affective de la personne déficiente intellectuelle.
Il
exprimait la peur que certain avait à voir les personnes déficientes comme
adultes car il se devait alors de leur accordé une vie sexuelle comme leurs
pairs.
En effet,
cette peur est due à une méconnaissance du sujet et à une focalisation sur
l’handicap de la personne et non sur les capacités intrinsèques de celle-ci.
Cette
phrase de Mr Van Brackel : « L’handicap est une partie de ma
personnalité… certains sont timides, d’autres sont jaloux ; moi je suis
handicapé. » exprime
bien la vision globale et non réductrice que nous devons avoir.
Le
travail de l’éducateur est de veiller au bien-être des personnes, d’écouter la
personne dans ses désirs quels qu’ils soient.
Le
bien-être reste la clé de la relation entre l’éducateur et la personne
handicapée c’est même le mot central qui se retrouve dans tout projet
institutionnel.
Il ne
faut pourtant pas s’arrêter à cette notion qui si on ne voit pas le sujet on
risque de le restreindre dans ses capacités et donc de diminuer son autonomie.
Ne pas
permettre à la personne déficiente intellectuelle adulte d’avoir des relations
sexuelles c’est ne pas la considérer en tant qu’adulte.
L’infantiliser
c’est manquer de respect à la personne car sont statut de personne handicapée
n’est pas le centre de la personne.
Ne pas
prendre en compte ses désirs quels qu’ils sont c’est être en désaccord avec
l’éthique et le respect des personnes.
Ecouter
Mr Van Brackel c’est comprendre qu’il ne faut pas s’arrêter à une image mais
plutôt écouter leur désir pour qu’enfin on les considère comme des adultes et
non des enfants ce qui serait une preuve de respect qui leur est dû. Le travail
de l’éducateur est de voir la personne comme une personne avec des capacités
intrinsèques mais aussi comme toute personne, un être de désir.
Entendre
le désir de la personne c’est veuillez à son bien-être.
21 mars 2006
L'évaluation du travail éducatif
J'ai suivi
dernièrement une formation dans laquelle nous avons traité de l'évaluation du
travail éducatif.
A ma grande surprise, peu d'institution à caractère pédagogique utilise cet
outil où l'utilise de manière arbitraire voire comme outil de jugement (je
règle mes comptes mais j'y met les formes).
Il me semble intéressant de pouvoir porté un regard
critique sur nous-même et sur l’environnement qui nous entoure.
L’évaluation et à ne pas confondre avec le jugement
qui lui porte atteinte à la personne au sein d’un fonctionnement (intrinsèque
ou extrinsèque).
L’évaluation doit donc être vu en terme de projet car
celle-ci est indispensable si on veut rester le plus proche de la réalité et
non pas entrer dans le coté manichéen de l’évaluation.
L’évaluation n’est donc pas à proscrire puisqu’il
s’agit d’un processus inhérent à l’être humain, il vise plutôt à rester dans un
esprit de recherche et de non qualification ou d’appréciation[1] :
J’en suis donc
arrivé à sentir que plus j’arriverais à maintenir une relation exempte de
jugement et d’évaluation, plus cela permettrait à l’autre personne d’atteindre
un point où il reconnaîtrait que le lieu de l’évaluation, le centre de la
responsabilité réside en lui-même ».
Dans la problématique qui a été développé ci-dessus,
je pense qu’un changement ne peut se faire que dans le cas d’un partenariat et
d’un échange bilatéral au sein de l’équipe. La mise en place du projet proposé
peut avoir les effets escomptés si il y a en parallèle une évaluation mise en
place au sein de l’équipe par cette même équipe.
Il faut inviter les éducateurs à devenir acteurs de
leur changement et non pas spectateurs d’où l’importance de reconnaître les
personnes et de mettre en place des dispositifs amorçant le changement.
Par ailleurs, il est important de mettre en place des
outils adéquats (grilles d’analyse…) permettant de donner un cadre à
l’évaluation et évitant de la sorte les débordements vers la personnification.
[1] C.Rogers et M.Kinget in Psychothérapie et relations humaines,p 23-24
20 mars 2006
Le travail de l'éducation spécialisée
Je vais donc proposer ma vision de ce travail et soumettre par la même occasion une réflexion qui je l'espère suscitera des réactions.
Il
faut vivre avec la réalité de notre temps et procurer aux personnes une juste
vision de notre société, en respectant leurs désirs, mais aussi en leur
rappelant qu’ils ont des devoirs.
Vivre
avec les personnes déficientes intellectuelles doit être quelque chose de
naturel, il faut pouvoir les aimer, les critiquer et les détester comme tout un
chacun. Ce sont des personnes comme vous et moi, ce n’est donc pas leur soit
disant handicap qui fait d’eux ce qu’ils sont
Par
contre ce que nous sommes, fait ce qu’ils sont. Donnons leur la chance de
pouvoir faire des erreurs et accompagnons les sur leur chemin en étant ni
devant, ni derrière mais à coté.
Nous
pouvons nous pas parler d’Amour pour une fois dans notre relation avec ces
personnes ?
Je
sais que cette vision peu paraître à certains un peu utopiste et très
idéologique.
A
eux je leur dirais tant mieux car il est vrai que je ne crois pas en Dieu mais
en l’Homme et si on veut que le monde change de voie, je pense que c’est grâce
aux utopistes et aux gens qui croient qu’on peut bifurquer que les choses changeront.
Choisir
entre la voie de « l’utopie » et celle de « la raison »
c’est choisir de prendre les choses en main où de laisser la société s’enliser
et perdre sa valeur première qui est l’HUMANITE.
Je pense que nous resterons sur la bonne voie pour peu que tendrons à rester dans une relation d’aide centrée sur la personne, où nous verrons l'autre comme un homme à part entière et non comme une somme de comportements.
C'est l'homme qui fait l'acte et non l'acte qui fait l'homme
Ma vision de la psychologie
J’aimerai mettre parler de ma vision de la psychologie
afin que vous puissiez cerné celui qui est derrière l’écran.
Tout d’abord, je ne vois pas la psychologie comme une
science à part entière; il n’y a pas de vérité universelle et absolue.
La psychologie est passée dans nos mœurs et elle
devient un peu vulgarisée par certaines personnes qui guérissent les maux de
notre siècle avec des remèdes miracles.
L’apparition du coaching
et de ce que j’appelle les mythothérapies
(thérapies par le vent, le rire et autres bizarreries) font passer les psy
pour des guérisseurs un peu farfelus.
Il me semble plus opportun d’essayer de trouver la
réponse ou le semblant de réponse en étant accompagné dans ce processus plutôt
que de croire au miracle qui ne viendra pas.
La réponse est en chacun de nous, il faut y croire et
ne pas avoir peur de demander l’aide d’un professionnel.
Rien n’est immuable, en tout c’est une chose auquel je
crois.
Je suis à la disposition de chacun pour être une
oreille attentive mais pas un faiseur de miracle.
CDI c'est quoi déjà?
J'ouvre le journal ce matin et je tombe encore sur le CPE qui est la star en ce moment.
Petite précision, je vis en Belgique mais je suis de nationalité
française.
La précarité j'ai connu surtout quand on voit le nombre de
plan et de contrat de travail que la Belgique
Ils sont si nombreux qu’un guide du routard pourrait
leur être consacré.
Au vue de l’évolution de la société, il faudra bientôt
être équipé de GPS pour se déplacer dans les méandres du marché du travail.
Décrocher un CDI devient pour nos jeunes la
quête du Graal.
Où cela va-t-il s’arrêter, faudra t’il un jour
épargner pour le travail de nos enfants comme on le fait pour leurs études.
Combien de parents disent que poursuivre des études
pour leurs enfants ne sert à rien puisqu’à la sortie le diplôme qui devait être
un ticket pour le paradis se retrouve être un ticket vers l’enfer.
L’enfer où trône l’emploi, vieux démon qui ne veut pas
laisser sa place et qui continue à terroriser ces familles qui espère un avenir
fécond pour leurs enfants.
Que devons-nous faire alors ? Je n’ai pas de
réponse toute faite mais ce que je peux préconiser c’est de mettre le plus de
chance de son coté.
Je ne être totalement d’accord par rapport à ces
mouvements de rébellion parfois un peu trop belliqueux mais je ne peux trop
réprimer ces gens qui ne se laissent pas faire et qui prennent le taureau par
les cornes pendant que d’autres attentent un miracle.
Essayons donc, je pense, d’être nuancé et de ne pas
tendre vers le nihilisme.
Bienvenue chez vous
Je ne me sens d’aucune obédience malgré que j’aie été élevé
dans un milieu catholique.
Cette éducation a dû laisser des marques sur moi mais
je pense que mes expériences de vie m’ont permis de me construire avec un
modèle plus libre même s’il est difficile de juger de son libre arbitre.
Je travaille dans le secteur social et j’ai une
formation psycho-éducative.
J’ai crée ce blog car j’ai envie d’avoir une fenêtre
sur le monde dans laquelle je partage mes idées, mes visions, mes humeurs.
J’attend et j’espère de tout cœur un blog où chacun pourra laisser son point de vue en espérant qu’il puisse me permettre de revoir ma perception des choses
En effet, je pense qu’à l’heure actuelle, il n’y a rien de
plus dangereux que des avis tranchés et immuables, ces vérités absolues que les
experts (qui ne sont pour moi que des lecteurs du monde, de leur monde) vous
donne comme on donne l’heure.
En espérant pouvoir créer un lieu de parole où chacun
pourra s’exprimer librement et où l’enrichissement mutuel sera omniprésent.
Je terminerai en vous souhaitant bonne lecture et précisant que je ne propose ici aucune vérité mais seulement ma vision du monde qui j’espère évoluera à votre contact.
J'espère pouvoir
vous permettre d'avoir un autre regard sur la psychologie, c’est-à-dire un
regard critique (qu’il soit positif ou négatif) mais aussi j'attend des interactions de la part des professionnels dans un échange constructif et donc bénéfique pour tous.
Amicalement, un stakhanoviste au repos…