03 avril 2006
La surimplication émotive
La surimplication émotive est inhérente au métier d’éducateur.En effet, la relation d’aide que nous avons avec les
bénéficiaires nous impose parfois une grande implication au niveau affective.
Le cadre affectif nous oblige souvent à marcher sur un fil
avec nos émotions.
Chaque interaction avec les usagers apporte son lot
d’incertitudes qui peuvent à tout moment nous investir émotionnellement en
pénétrant le vécu personnel et effriter le mûr qu’érige le professionnel afin
de préserver son intimité.
Les causes de
la surimplication émotive.
La difficulté d’accepter ses limites
personnelles :
Il n’est pas toujours de bon ton d’afficher ses limites si le
climat institutionnel ne permet pas de pouvoir s’exprimer librement. Il arrive
parfois que nous nous sentions jugé dans nos faiblesses plutôt qu’encourager.
Se réconcilier avec ses limites personnelles sous-entend que nous sommes
humains et non divins.
Une caractéristique commune à l’homme est qu’il est
perfectible et donc il ne peut se targuer de ne pas commettre d’erreur et de
posséder la science infuse surtout en terme d’émotion.
Notre capacité empathique nous porte à endiguer les
souffrances de l’aidé et a déformé la réalité pour l’autre.
La souffrance est omniprésente dans nos institutions, notre
rôle n’est pas de combattre sa souffrance mais de l’aider et lui donner le plus
d’arme pour qu’il puisse lui-même l’annihiler.
Ce n’est pas en affrontant la souffrance de l’autre que l’on
détruit la sienne.
La difficulté d’accepter sa solitude :
Nous sommes les seuls responsables de notre vie, ce qui
signifie que l’aidé aussi est responsable de la sienne. Nous ne pouvons pas
indéfiniment le prendre en charge et choisir à sa place, il faut qu’à tous
moments nous puissions prendre du recul et le laisser assumer ses actes et ses
choix, même si ils sont en oppositions avec notre approche.
Notre travail d’accompagnement consiste à être présent pour
l’autre, mais pas à agir pour lui, nous sommes garant de son bien-être, mais
notre rôle s’arrête à la volonté de l’autre.
Il y a résonance entre notre vécu et celui de la personne que
nous aidons. Nous sommes toujours amené à faire des analogies entre ce que vit
l’autre et notre passé émotionnel.
C’est pourquoi chacun réagit en fonction de son passé.
Ce passé synonyme d’expérience peut nous freiner dans notre
travail et interférer avec notre approche vis-à-vis de la personne aidée.
Des sentiments de culpabilité ou l’expression de nos manques
peuvent alors resurgir à la surface.
La difficulté de dire non.
Il est déjà difficile de maîtriser la dépendance que notre
seule présence induit.
Au vue des origines de la surimplication émotive, il est
préférable pour l’éducateur de rester dans un cadre dans lequel il se sentira
le plus à même de canaliser ses émotions.
L’éducateur ne doit pas pour autant être un robot, mais il
peut poser des balises évitant ainsi de s’impliquer dans la relation à l’autre
plus que de raison.
Les conséquences de la surimplication émotionnelle se retrouve
aussi négative dans l’environnement dans lequel la personne évolue.
Elles peuvent engendrer des situations de compétitions avec
les divers partenaires (collègues, famille…).
Il est impossible pour l’éducateur de choisir celui avec
lequel il va entrer dans une relation d’aide car choisir c’est en partie
renoncer.
Le rôle de l’éducateur est justement de ne pas renoncer et de
tout mettre en œuvre pour être le plus ouvert possible et ce, à tout niveau.
[1] Jean-Luc Hétu, « la relation d’aide », P 4
21 mars 2006
L'évaluation du travail éducatif
J'ai suivi
dernièrement une formation dans laquelle nous avons traité de l'évaluation du
travail éducatif.
A ma grande surprise, peu d'institution à caractère pédagogique utilise cet
outil où l'utilise de manière arbitraire voire comme outil de jugement (je
règle mes comptes mais j'y met les formes).
Il me semble intéressant de pouvoir porté un regard
critique sur nous-même et sur l’environnement qui nous entoure.
L’évaluation et à ne pas confondre avec le jugement
qui lui porte atteinte à la personne au sein d’un fonctionnement (intrinsèque
ou extrinsèque).
L’évaluation doit donc être vu en terme de projet car
celle-ci est indispensable si on veut rester le plus proche de la réalité et
non pas entrer dans le coté manichéen de l’évaluation.
L’évaluation n’est donc pas à proscrire puisqu’il
s’agit d’un processus inhérent à l’être humain, il vise plutôt à rester dans un
esprit de recherche et de non qualification ou d’appréciation[1] :
J’en suis donc
arrivé à sentir que plus j’arriverais à maintenir une relation exempte de
jugement et d’évaluation, plus cela permettrait à l’autre personne d’atteindre
un point où il reconnaîtrait que le lieu de l’évaluation, le centre de la
responsabilité réside en lui-même ».
Dans la problématique qui a été développé ci-dessus,
je pense qu’un changement ne peut se faire que dans le cas d’un partenariat et
d’un échange bilatéral au sein de l’équipe. La mise en place du projet proposé
peut avoir les effets escomptés si il y a en parallèle une évaluation mise en
place au sein de l’équipe par cette même équipe.
Il faut inviter les éducateurs à devenir acteurs de
leur changement et non pas spectateurs d’où l’importance de reconnaître les
personnes et de mettre en place des dispositifs amorçant le changement.
Par ailleurs, il est important de mettre en place des
outils adéquats (grilles d’analyse…) permettant de donner un cadre à
l’évaluation et évitant de la sorte les débordements vers la personnification.
[1] C.Rogers et M.Kinget in Psychothérapie et relations humaines,p 23-24
20 mars 2006
Ma vision de la psychologie
J’aimerai mettre parler de ma vision de la psychologie
afin que vous puissiez cerné celui qui est derrière l’écran.
Tout d’abord, je ne vois pas la psychologie comme une
science à part entière; il n’y a pas de vérité universelle et absolue.
La psychologie est passée dans nos mœurs et elle
devient un peu vulgarisée par certaines personnes qui guérissent les maux de
notre siècle avec des remèdes miracles.
L’apparition du coaching
et de ce que j’appelle les mythothérapies
(thérapies par le vent, le rire et autres bizarreries) font passer les psy
pour des guérisseurs un peu farfelus.
Il me semble plus opportun d’essayer de trouver la
réponse ou le semblant de réponse en étant accompagné dans ce processus plutôt
que de croire au miracle qui ne viendra pas.
La réponse est en chacun de nous, il faut y croire et
ne pas avoir peur de demander l’aide d’un professionnel.
Rien n’est immuable, en tout c’est une chose auquel je
crois.
Je suis à la disposition de chacun pour être une
oreille attentive mais pas un faiseur de miracle.