Un stakhanoviste au repos

Demystification de la psychologie

03 avril 2006

La surimplication émotive

 « Aider quelqu’un, c’est s’engager avec lui dans une séquence d’interactions verbales et non verbales, dans le but de faciliter l’expression, la compréhension et la prise en charge de son vécu »[1].

La surimplication émotive est inhérente au métier d’éducateur.En effet, la relation d’aide que nous avons avec les bénéficiaires nous impose parfois une grande implication au niveau affective.
Le cadre affectif nous oblige souvent à marcher sur un fil avec nos émotions.

Chaque interaction avec les usagers apporte son lot d’incertitudes qui peuvent à tout moment nous investir émotionnellement en pénétrant le vécu personnel et effriter le mûr qu’érige le professionnel afin de préserver son intimité.

Les causes de la surimplication émotive.

La difficulté d’accepter ses limites personnelles :

Il n’est pas toujours de bon ton d’afficher ses limites si le climat institutionnel ne permet pas de pouvoir s’exprimer librement. Il arrive parfois que nous nous sentions jugé dans nos faiblesses plutôt qu’encourager. Se réconcilier avec ses limites personnelles sous-entend que nous sommes humains et non divins.
Une caractéristique commune à l’homme est qu’il est perfectible et donc il ne peut se targuer de ne pas commettre d’erreur et de posséder la science infuse surtout en terme d’émotion.

La difficulté d’assumer ses propres souffrances :


Le fait de pouvoir apprivoiser sa propre souffrance réduit le risque d’être noyé sous le flot de nos émotions.
Notre capacité empathique nous porte à endiguer les souffrances de l’aidé et a déformé la réalité pour l’autre.
La souffrance est omniprésente dans nos institutions, notre rôle n’est pas de combattre sa souffrance mais de l’aider et lui donner le plus d’arme pour qu’il puisse lui-même l’annihiler.
Ce n’est pas en affrontant la souffrance de l’autre que l’on détruit la sienne.

 
La difficulté d’accepter sa solitude :

Nous sommes les seuls responsables de notre vie, ce qui signifie que l’aidé aussi est responsable de la sienne. Nous ne pouvons pas indéfiniment le prendre en charge et choisir à sa place, il faut qu’à tous moments nous puissions prendre du recul et le laisser assumer ses actes et ses choix, même si ils sont en oppositions avec notre approche.
Notre travail d’accompagnement consiste à être présent pour l’autre, mais pas à agir pour lui, nous sommes garant de son bien-être, mais notre rôle s’arrête à la volonté de l’autre.

L’interférence des affaires non finies :

Il y a résonance entre notre vécu et celui de la personne que nous aidons. Nous sommes toujours amené à faire des analogies entre ce que vit l’autre et notre passé émotionnel.
C’est pourquoi chacun réagit en fonction de son passé.
Ce passé synonyme d’expérience peut nous freiner dans notre travail et interférer avec notre approche vis-à-vis de la personne aidée.
Des sentiments de culpabilité ou l’expression de nos manques peuvent alors resurgir à la surface.

La difficulté de dire non.

L’aidant doit rester dans son rôle et ne pas accepter toutes les demandes de l’autre. Refuser les demandes de l’aidé n’est pas refusé l’aidé. Le manque de position très claire peut amener l’aidé à faire des suppositions et à entretenir une relation de dépendance vis-à-vis d’un éducateur.
Il est déjà difficile de maîtriser la dépendance que notre seule présence induit.

 
Au vue des origines de la surimplication émotive, il est préférable pour l’éducateur de rester dans un cadre dans lequel il se sentira le plus à même de canaliser ses émotions.
L’éducateur ne doit pas pour autant être un robot, mais il peut poser des balises évitant ainsi de s’impliquer dans la relation à l’autre plus que de raison.

Les conséquences de la surimplication émotionnelle se retrouve aussi négative dans l’environnement dans lequel la personne évolue.
Elles peuvent engendrer des situations de compétitions avec les divers partenaires (collègues, famille…).
Evoluant dans une dynamique de groupe, la surimplication émotionnelle déforce notre relation avec les autres usagers.
Il est impossible pour l’éducateur de choisir celui avec lequel il va entrer dans une relation d’aide car choisir c’est en partie renoncer.

Le rôle de l’éducateur est justement de ne pas renoncer et de tout mettre en œuvre pour être le plus ouvert possible et ce, à tout niveau.

 


 

[1] Jean-Luc Hétu, « la relation d’aide », P 4

 

 

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21 mars 2006

L'évaluation du travail éducatif

J'ai suivi dernièrement une formation dans laquelle nous avons traité de l'évaluation du travail éducatif.
A ma grande surprise, peu d'institution à caractère pédagogique utilise cet outil où l'utilise de manière arbitraire voire comme outil de jugement (je règle mes comptes mais j'y met les formes).

Il me semble intéressant de pouvoir porté un regard critique sur nous-même et sur l’environnement qui nous entoure.

L’évaluation et à ne pas confondre avec le jugement qui lui porte atteinte à la personne au sein d’un fonctionnement (intrinsèque ou extrinsèque).

L’évaluation doit donc être vu en terme de projet car celle-ci est indispensable si on veut rester le plus proche de la réalité et non pas entrer dans le coté manichéen de l’évaluation.

L’évaluation n’est donc pas à proscrire puisqu’il s’agit d’un processus inhérent à l’être humain, il vise plutôt à rester dans un esprit de recherche et de non qualification ou d’appréciation[1] :

 « Curieusement, une évaluation positive est à la longue aussi menaçante qu’une négative, du fait de dire à quelqu’un qu’il est « bien » vous donne aussi le droit de dire qu’il est « mal ».

J’en suis donc arrivé à sentir que plus j’arriverais à maintenir une relation exempte de jugement et d’évaluation, plus cela permettrait à l’autre personne d’atteindre un point où il reconnaîtrait que le lieu de l’évaluation, le centre de la responsabilité réside en lui-même ».

 

Dans la problématique qui a été développé ci-dessus, je pense qu’un changement ne peut se faire que dans le cas d’un partenariat et d’un échange bilatéral au sein de l’équipe. La mise en place du projet proposé peut avoir les effets escomptés si il y a en parallèle une évaluation mise en place au sein de l’équipe par cette même équipe.

Il faut inviter les éducateurs à devenir acteurs de leur changement et non pas spectateurs d’où l’importance de reconnaître les personnes et de mettre en place des dispositifs amorçant le changement.

Par ailleurs, il est important de mettre en place des outils adéquats (grilles d’analyse…) permettant de donner un cadre à l’évaluation et évitant de la sorte les débordements vers la personnification.



[1] C.Rogers et M.Kinget in Psychothérapie et relations humaines,p 23-24

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20 mars 2006

Ma vision de la psychologie

J’aimerai mettre parler de ma vision de la psychologie afin que vous puissiez cerné celui qui est derrière l’écran.

Tout d’abord, je ne vois pas la psychologie comme une science à part entière; il n’y a pas de vérité universelle et absolue.

La psychologie est passée dans nos mœurs et elle devient un peu vulgarisée par certaines personnes qui guérissent les maux de notre siècle avec des remèdes miracles.

L’apparition du coaching et de ce que j’appelle les mythothérapies (thérapies par le vent, le rire et autres bizarreries) font passer les psy pour des guérisseurs un peu farfelus.

Il me semble plus opportun d’essayer de trouver la réponse ou le semblant de réponse en étant accompagné dans ce processus plutôt que de croire au miracle qui ne viendra pas.

La réponse est en chacun de nous, il faut y croire et ne pas avoir peur de demander l’aide d’un professionnel.

Rien n’est immuable, en tout c’est une chose auquel je crois.

Je suis à la disposition de chacun pour être une oreille attentive mais pas un faiseur de miracle.

Posté par Stakhanoviste à 18:07 - Psychologie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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